
La 2ᵉ Assemblée européenne pour une transition juste du bâti s’est tenue en novembre 2025 à Francfort-sur-le-Main, en présentiel, en prolongement de l’Assemblée en ligne de juillet. Réunissant des initiatives, des militant·e·s et des professionnel·le·s de toute l’Europe, l’Assemblée s’est concentrée sur l’approfondissement des relations, le partage d’expériences concrètes issues de luttes locales et l’exploration collective des moyens par lesquels la collaboration européenne pourrait passer DE L’ÉCHANGE À L’ACTION.
QUESTIONS DIRECTRICES PENDANT L’ASSEMBLÉE
- L’Assemblée a été volontairement conçue comme un espace ouvert et collaboratif plutôt que comme une
- De quoi les mouvements ont-ils besoin les uns des autres ?
- Quels schémas ou tensions observons-nous entre les groupes ?
- Construisons-nous quelque chose de collectif ou la diversité est-elle notre force ?
- Quelles sont les prochaines étapes réalistes et que voulons-nous réellement faire avancer ?
LABORATOIRES COLLABORATIFS
Les discussions se sont concentrées sur l’identification de défis communs et de questions politiques partagées entre les différents contextes. Plusieurs thèmes transversaux ont émergé, notamment la nécessité de décentrer le profit dans le secteur du logement et du bâtiment, de privilégier la réutilisation adaptative plutôt que la démolition, eLe programme a combiné des contributions d’un large éventail d’initiatives avec des discussions facilitées et des formats de travail collaboratifs. Les participant·e·s ont réfléchi aux questions de visibilité, de ressources et de capacités, ainsi qu’aux défis liés au maintien de l’engagement au-delà des campagnes ou événements individuels.
L’après-midi, l’Assemblée s’est structurée autour de trois axes thématiques :
- ACTION CONCRÈTE : explorer à quoi pourraient ressembler des actions coordonnées à court et à long terme.
- ORIENTATION POLITIQUE : discuter de la possibilité et des modalités d’élaboration de revendications ou de prises de position communes au niveau européen.
- CONSTRUCTION DU MOUVEMENT : se concentrer sur la collaboration à long terme, le soin, la coordination, le partage de connaissances et les structures de financement.
Plutôt que de viser un consensus immédiat, l’Assemblée a créé un espace pour formuler des questions ouvertes, des tensions et des ambitions communes. Les résultats ont inclus la création de groupes de travail sur les revendications politiques et les actions concrètes, ainsi qu’une compréhension partagée du fait que la poursuite des échanges en présentiel et des processus de suivi est essentielle pour bâtir une collaboration européenne durable.
L’Assemblée a été co-conçue avec un groupe conceptuel international et a marqué une étape importante dans le passage des premières connexions à des formes plus durables de travail collectif.
Le programme de l’Assemblée est disponible ici.


De l’échange à l’action
Lors d’une série d’ateliers collaboratifs organisés durant la 1ʳᵉ et surtout la 2ᵉ Assemblée, les participant·e·s ont travaillé en parallèle sur trois axes : ACTION CONCRÈTE, ORIENTATION POLITIQUE et CONSTRUCTION DU MOUVEMENT. Les discussions ne visaient pas des décisions finales, mais l’identification de besoins communs, de tensions et de prochaines étapes possibles.
1. ACTION CONCRÈTE : DES IDÉES À LA PRATIQUE
Au fil des sessions, un fort sentiment partagé est apparu : l’action a besoin de structure, de continuité et de visibilité. Les participant·e·s ont discuté de différents formats et échelles d’action, allant des interventions locales à des moments coordonnés à l’échelle européenne.
Parmi les idées récurrentes :
- Des cycles d’action plutôt que des événements ponctuels (par ex. des journées d’action récurrentes ou des semaines d’action thématiques)
- Combiner narration, outils visuels et présence physique (autocollants, tracts, interventions dans des bâtiments, expositions)
- Des actions faciles à rejoindre, adaptables à différents contextes locaux et ne dépendant pas de ressources importantes
- Utiliser stratégiquement des moments de perturbation, tout en valorisant un travail lent et relationnel
- Comprendre l’action comme un processus d’apprentissage : essayer, c’est déjà réussir
- Des outils partagés (modèles, récits, supports visuels) que les groupes locaux peuvent adapter et réutiliser
2. ORIENTATION POLITIQUE : UN TERRAIN COMMUN SANS SIMPLIFICATION EXCESSIVE
Dans les laboratoires sur l’orientation politique, les participant·e·s ont revisité les thèmes centraux discutés lors de la première Assemblée et ont exploré la pertinence d’une déclaration ou d’une revendication politique commune à ce stade.
Les principaux points de convergence comprenaient :
- Le logement comme un droit, et non comme une marchandise
- La sécurité, l’accessibilité financière, la santé et l’habitabilité à long terme
- Le dépassement des logiques de croissance et d’extraction
- Des approches régénératives et adaptatives plutôt que la démolition et la spéculation
- La transparence concernant la propriété, le pouvoir et la prise de décision
En parallèle, des réserves ont été exprimées :
- Une déclaration commune ne doit pas aplatir les différences ni les luttes locales
- Elle doit éviter d’être trop technique ou diluée
- Un langage positif et accessible est essentiel pour toucher au-delà des cercles militants et professionnels
- Une déclaration européenne collective, tout en maintenant un processus ouvert, itératif et représentatif
3. CONSTRUCTION DU MOUVEMENT : COMMENT RESTER CONNECTÉ·E·S
Une grande partie des discussions a porté sur la manière de maintenir la collaboration au-delà de l’Assemblée. Les participant·e·s ont souligné que les réseaux ne survivent pas uniquement grâce à des valeurs partagées, mais qu’ils nécessitent du soin, de la coordination et des infrastructures pratiques.
Les besoins fréquemment mentionnés étaient :
- Des rencontres régulières en présentiel (1 à 2 fois par an)
- Une plateforme ou une cartographie partagée pour l’échange de compétences et le soutien mutuel
(Qui fait quoi ? Qui peut offrir quoi ? Dans quel contexte ?) - Des formats de partage de connaissances (collecte de fonds, stratégies de plaidoyer, outils juridiques)
- Des calendriers communs, des annuaires et des points de contact
- Une capacité de coordination dédiée
- Des mécanismes de sous-financement ou de collecte de fonds conjointe
- Des raisons concrètes de se rencontrer : projets communs, échéances, actions partagées
Il est important de noter que les participant·e·s ont insisté sur le fait que le plaisir, la confiance et la motivation émotionnelle ne sont pas secondaires, mais centrales pour la construction d’un mouvement sur le long terme.
CE QUI A ÉMERGÉ GLOBALEMENT
Plutôt qu’un résultat unique, l’Assemblée a permis de clarifier une compréhension partagée :
- La diversité des luttes est une force – la coordination doit soutenir, et non homogénéiser
- L’action, le positionnement politique et la construction du mouvement sont profondément liés
- Le niveau européen peut apporter une valeur ajoutée en connectant, amplifiant et soutenant les travaux existants
L’Assemblée a été largement décrite comme un point de départ pour une collaboration plus approfondie, avec un fort intérêt pour la poursuite du processus à travers des groupes de travail, des outils partagés et de futures Assemblées européennes.

Comment s’impliquer
Le Réseau européen est ouvert à toute personne engagée en faveur d’une transition juste du bâti.
N’hésitez pas à nous contacter via >>>>> NETWORK@ARCHITECTS4FUTURE.DE si vous souhaitez :
- rester informé·e
- vous impliquer dans les activités à venir
- rejoindre le canal d’information
- participer aux groupes de travail
- accéder à nos plateformes internes
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source: Architects for Future A4F – Traduit de l’anglais.
https://www.architects4future.de/news/2nd-european-assbly-for-a-jus-buildng-transiton